LOT N° : 11

TÊTE D’IMPÉRATRICE

Description

Art romain tardif ou byzantin, fin du IIIe siècle – début du IVe siècle
Marbre blanc grec à gros grains avec particules de mica.
La pointe du nez et la partie gauche crâne sont manquantes.
Les incisions des pupilles postérieures.
Hauteur : 31 cm

A late roman marble reworked empress head,
Late 3rd – 4th century A.D.
12 in. High

The idealized features, and the very rigid frontal gazeplace this portrait in the late-Roman productions, atransitional period with the Byzantine period first half of the 4th century. The tiara tells us that it was probably a portrait of a princess or an important woman. However, the style of the hairstyle; the locks with the loose and natural waviness at the level of the forehead and the top of the skull refer to the supple hair of the Aphrodite or Apollo-type deities of the end of the 1st century A.D. and the work of the braids meanwhile recall the style of headdress of imperial heads from the end of the 2nd and the 3rd century. This “mixing” tells us that this head has probably undergone a so-called “re-employment” phase.
The exceptional quality of the marble as well as the size of the head are all characteristics that probably aroused the interest of a later sculptor in the re-use of this head for the representation of the face of an empress.

Provenance
Collection de Monsieur V., années 30
Dans la même famille depuis lors.

Parallèle
Une tête similaire est conservée au Musée Archéologique de Théssalonique, inv.-Nr.3
Un tête d’homme, Musée de Gortyna, Crète, inv. 6691
Une tête d’impératrice du Musée Ostiense, inv. 458

Littérature
Sur l’évolution de la statuaire tardo-antique et l’usage de remplois voir : SMITH, R.R.R., WARD-PERKINS, B., The Last Statues of Antiquity
La tête de la jeune femme est caractérisée par un visage oval, le front lisse de goût praxitélien (triangulaire) est bordé d’une rangée de mèches ondulées disposées de chaque côté de la raie médiane et portées à l’arrière, d’où s’échappe nt une petite mèche et une plus épaisse. Au-dessus,un diadème dont la pointe est aujourd’hui consumée, sépare la chevelure à l’arrière constituée de deux larges tresses. Le reste des cheveux en ondulations profondes marquées au trépan.
Le visage à l’ovale allongé est caractérisé par un arc sourcilier se présentant comme un bourrelet de chair qui assombrit l’orbite.
Les yeux en amandes sont encadrés de paupières hautes et épaisses, tandis-que les paupières inférieures sont soulignées.
Le large iris est figuré par une fine incision circulaire et les pupilles sont creusées (probablement retravaillées postérieurement).
La bouche légèrement entreouverte a une inflexion molle. Les joues amples et pleines pointent vers un menton arrondi (éclat sur la pointe). Les commissures en sont légèrement relevées, conférant douceur et grâce à cette physionomie presque idéale
Les traits idéalisés, et le regard frontal très rigide placent ce portrait dans les productions tardo-romaine, période transitoire avec la période byzantine première moitié du IVe siècle.
Le diadème nous indique qu’il s’agissait probablement d’un portrait de princesse ou de femme importante.
Cependant, le style de la coiffure ; les mèches à l’ondulation lâche et naturelle au niveau du front et du haut du crâne renvoient aux chevelures souples des divinités de type Aphrodite ou Apollon de la fin du Ier siècle de notre ère et le travail des tresses quant à lui rappellent le style de coiffure des têtes impériales de la fin du IIe siècle et du IIIe siècle.
Ce «mélange» nous indique que cette tête a probablement subi une phase dite de «remploi». La qualité exceptionnelle du marbre ainsi que la dimension de la tête sont d’autant de caractéristiques qui ont probablement suscité l’intérêt d’un sculpteur plus tardif dans le remploi de cette tête pour la représentation d’un visage d’impératrice.

Estimation : 4 000 / 6 000 €
Adjugé(e) : 4 000 €
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