LOT N° : 95

JOUEUSE D’OSSELETS

Description

Art hellénistique , IVème siècle av. J.-C.
Terre-cuite, restes de polychromie ; cassée et recollée dans le dos
Au-dessous, étiquette XIXème «statuette tanagra provenant des fouilles de Smyrne. M.P. Gaudin»
H_ 12 cm

Provenance
Ancienne collection M.Paul Gaudin (1858-1921)
Paris, collection privée

Vêtue d’un chiton (on en voit l’attache qui a glissé de l’épaule droite, dénudant le haut du sein, poncif de ce type de représentation) recouvert de l’himation sur la partie gauche du corps. La jeune fille est présentée accroupie, le genou gauche ramassé vers sa poitrine, d’où elle retient de sa main gauche le phormiskos (sac à osselets). Son bras droit avancé vers le sol (main manquante), indique le mouvement de jeté d’osselets.
La figurine de l’Acropole d’Athènes (Musée du Louvre, coll.Campana, 5278) est sans doute à l’origine d’un motif plus largement exporté comme c’est le cas ici si l’on croit les indications de l’étiquette sous la base de la statuette. Le thème de la joueuse d’osselets, apparaît au Vème siècle et devient un motif privilégié de la coroplathie grecque au IVème siècle. Sa position reproduit le mouvement du jeté, se livrant ainsi au hasard de la position des osselets quand ceux-ci retombaient au sol.
Sa symbolique est sans doute liée à la sphère d’Aphrodite – le «coup d’Aphrodite», ou coup gagnant, souvent cité dans les textes anciens : Tali eborei. Cum stêterit nullus uultu tibi talus eodem, munera me dices magna dedisse tibi – Osselets d’ivoire. Quand aucun de ces osselets, lorsque tu joueras, ne se sera arreté sur la meme face qu’un autre, tu diras que je t’ai fait un grand présent. Martial (Epigrammes, XIV, 14). Quand la figurine était déposée dans la tombe d’une adolescente, le jeu symbolisait peut-être le destin contrarié de la futur épousée, morte avant l’heure; offerte en ex-voto dans un temple (voir Winter, III, 2, p.134), la figurine concrétisait le passage sans doute de l’adolescence au statut de femme mariée.

AN HELLENISTIC TERRACOTTA TANAGRA FIGURE, 4TH CENTURY B.C.
42/3 in. High. Dressed in a chiton (we see the clip that has slipped from the right shoulder, baring the upper breast, common in this type of representation) covered with animation on the left part of the body. The young girl is shown squatting, her left knee pulled up to her chest, from where she holds the phormiskos (knuckle bag) in her left hand. His right arm extended towards the ground (missing hand), indicates the jerk throwing movement. The Athenian Acropolis figurine (Musée du Louvre, Campana coll., 5278) is undoubtedly at the origin of a more widely exported motif as is the case here if we believe the indications of the label under the base of the statuette. The theme of the female knucklebone player, appeared in the 5th century and became a privileged motif of Greek coroplathy in the 4th century. Its position reproduces the movement of the throw, thus indulging in the random position of the bones when they fall to the ground. Its symbolism is undoubtedly linked to the sphere of Aphrodite – the «stroke of Aphrodite», or winning stroke, often cited in ancient texts : Tali eborei. Cum stêterit nullus uultu tibi talus eodem, munera me dices magna dedisse tibi – Ivory bones. When none of these bones, when you play, will have stopped on the same side as another, you will say that I have given you a great present. Martial (Epigrams, XIV, 14). When the figurine was placed in the grave of a teenage girl, the game perhaps symbolized the thwarted fate of the bride-to-be, who died before her time; offered as an ex-voto in a temple (see Winter, III, 2, p.134), the figurine undoubtedly embodied the transition from adolescence to the status of married woman.

Estimation : 3 000 / 6 000 €
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