LOT N° : 14

FRONTON À LA SAINTE FACE

Description

Pierre de Vérone (calcaire noduleux)
Italie, Vénétie XIVème siècle
61 x 113 x 8 cm

Le fronton est sculpté dans une belle pierre de Vérone. Il est mouluré sur deux de ses trois côtés et présente en son centre un bas-relief de la Sainte Face encadré de deux ouvertures en forme de croix pattée. La Sainte Face, est traitée en un bas-relief très délicat émergeant de la surface.
Le thème de la Sainte Face trouve son origine dans la relique byzantine du Mandylion, attestée dès le Vie siècle, et s’affirme ensuite dans l’iconographie chrétienne avec l’histoire de Sainte Véronique à partir du XIIIe siècle, deux récits d’icônes acheiropoïètes.
En effet la Sainte Face désigne le visage du Christ tiré d’un portrait non fait de la main de l’homme. Dans le cas du voile de Véronique (Vera Icon : la véritable image) c’est en épongeant la sueur de Jésus portant sa croix que le linge de la femme se serait retrouvé marqué du visage du Christ. Ce portrait surnaturel du fils de Dieu se développe dans l’iconographie chrétienne d’Occident surtout au Moyen-Âge et regagne une faveur au XVIIe siècle. Le visage est figuré frontalement, les yeux le plus souvent ouverts et coiffé de la couronne d’épine. Le thème est aussi l’occasion pour les peintres de prouver leur bravoure en représentant le linge en trompe-l’œil.
Sur notre œuvre la pièce de tissu n’est pas représentée et le visage est tout à fait isolé dans une sobriété de composition très élégante. Il est suspendu dans les airs avec grâce. Les cheveux et la barbe sont traités en mèches ondulées parallèles flottant autour du visage, coiffé de la couronne d’épines. Le traitement des yeux accuse un style nettement du XIVe siècle tandis que le mode de représentation du visage christique, isolé ainsi, apparaît dans des bas-reliefs florentins du Xve siècle (Museo Bardini, inv. Depositi comunali 28). Ce serait donc autour de cette époque qu’il faudrait situer la réalisation de ce beau fronton. La représentation de l’auréole traitée en perspective plutôt qu’en un disque plat derrière le visage est extraordinairement moderne et tendrait à situer l’origine de la pièce en Italie.
Au contraire des deux autres côtés la base n’est pas moulurée ce qui suggère que l’œuvre achevait une structure plus importante.
Il pourrait ainsi s’agir du sommet d’une chaire ou bien du fronton d’un portail ou d’une baie d’église.

Estimation : 20 000 / 25 000 €
Adjugé(e) : 23 000 €
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