LOT N° : 27

ALLÉGORIE DE LA MORT DE MARIE LESZCZYNSKA (1703-1768)

Description

Esquisse en bas-relief, en terre cuite originale
École française vers 1768
41,5 x 61 x 3,3 cm
Légère patine postérieure

Provenance
Collection particulière

Œuvres en rapport
Augustin Pajou, Allégorie de la reine Leszczynska, groupe en marbre, Hauteur : 161 cm, Paris, musée du Louvre, inv. F.F.426 ; Louis-Claude Vassé, Tombeau de Marie Leszczynska, Nancy, église Notre-Dame-de-Bon-Secours
Bibliographie
James David Draper et Guilhem Scherf, Augustin Pajou : Sculpteur du roi 1730-1809, cat. exp. Paris, musée du Louvre, octobre 1997-janvier 1998, Paris, Réunion des Musées Nationaux, 1997, pp.143-147 ; Stanislas Lami, Dictionnaire des sculpteurs de l’école française du XVIIIe siècle, Paris, honoré-Champion, 1911, t. II.
Au centre d’une architecture classique et d’une assemblée recueillie et vêtue à l’antique, le roi Louis XV en armure romaine, soutenu par Minerve, présente à la Renommée un médaillon figurant son épouse défunte. Le portrait de Marie Leszczynska est montré du doigt par Cupidon et le groupe des quatre personnages (le roi, Minerve, la Renommée et Cupidon) dépose l’image de la défunte sur un autel funéraire où brûle une flamme qui fait écho au feu perpétuel de la transmission de la mémoire À gauche, sur une importante stèle, surmontant un trépied et une urne enflammée, autre symbole funéraire d’inspiration romaine, une statue de la Charité domine la scène. En dessous, la figure du Temps, éploré, semble consolé par Cupidon tandis qu’un petit génie de la mort brûle de sa torche les ailes du vieillard. Ce groupe distinct semble indiquer au spectateur que même le temps qui passe ne guérit pas les blessures de l’amour. Ce bas-relief, très esquissé, est d’une savante complexité iconographique. Les vertus reconnues de la reine, sa piété, sa charité et son amour des arts sont présentées sous la forme d’allégories. L’œuvre, vraisemblablement modelé vers 1768, s’inscrit dans la production des sculpteurs de la génération d’Augustin Pajou (1730-1809) et de Louis-Claude Vassé (1717-1772). Il est à noter que les deux sculpteurs sont concurrents lors des décès successifs de l’ancien roi de Pologne Stanislas en 1766 et de sa fille, la reine de France Marie Leszczynska, en 1768 pour obtenir les commandes des deux illustres tombeaux. Si Vassé remporte les contrats des deux monuments devant Pajou, celui-ci, vexé et fort de sa fortune, sculpte pour son propre compte une monumentale allégorie de la reine qu’il présente au Salon de 1769. Notre esquisse est sans doute restée à l’état de projet et n’a pas été, à notre connaissance, réalisée en marbre. S’il ne fait aucun doute qu’une telle commande royale, menée à son terme, serait aujourd’hui documentée, sa paternité reste à trouver dans l’entourage des deux grands sculpteurs précités. L’importance du sujet ne laissant que peu de place à la candidature d’un «second couteau» il est tout à fait envisageable d’avoir ici, une étude inédite, de l’un ou l’autre de ces deux maîtres, rivalisant d’idées pour obtenir cette prestigieuse commande.

Estimation : 30 000 / 40 000 €
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