VERONIQUE DE LA VIERGE
Panneau de dévotion Peinture à l'oeuf et fond d'or sur panneau de bois
Hauteur : 41,5 cm
Largeur : 27 cm
H. 47cm ; L.32,5cm hors tout
H. 41,2cm ; L. 27cm surface picturale
Epaisseur : 3cm avec moulure du cadre
1,5cm panneau seul
INSCRIPTION
Au bord inférieur du panneau, en lettres gothiques peintes en noir et rouge sur fond d'or : AVE REGINA
CELORUM AVE DOMINA AN (gelorum)
ETAT
Panneau légèrement bombé, constitué de deux planches de 28cm et 4,5cm de large dont le revers est
recouvert de gesso peint en orange. Moulure du cadre en bois doré d'origine.
Surface picturale et fond d'or: usures et restaurations, repeints dans la partie gauche du voile bleu.
Ornementation poinçonnée et gravée : d'origine
BIBLIOGRAPHIE
El Renacimiento Mediterraneo, exposition Madrid, musée Thyssen Bornemisza 31 Janvier-6 mai 2001, p. 327, fig. 46G, p. 328 n.15 (comme Joan Reixach ?)
La clave flamenca en los primitivos valencianos, exposition Valence, Museo de Bellas Artes 30 Mai -2 septembre 2001 p.138-139, fig.7.4 (comme Joan Reixach)
La vierge se détachant sur le fond d'or, apparaît en buste, vêtue d'une robe rouge plissée, la tête et les épaules entièrement recouvertes d'un large manteau semé de légers motifs dorés, sous lequel apparaît le visage ceint d'un voile blanc drapé en mentonnière. Une bordure soulignant le pourtour du cadre ainsi que la large auréole, toutes deux ornées de motifs géométriques et végétaux gravés et poinçonnés, animent la surface dorée.
Bordant la partie inférieure de cette image, le phylactère légèrement incurvé porte les inscriptions scandant l'antienne récitée lors de l'office de Complies, louange due à la vierge pendant le Carême.
La typologie du visage de la vierge découle des icones dites achéropoïetes (non faites de la main de l'homme) présentes et vénérées à Rome aux débuts de la chrétienté, dont le modèle se répandit en Espagne particulièrement dans la région de Valence. En 1398 à Barcelone, lors de la fête de l'Immaculée Conception, le roi d'Aragon, Martin l'humain, fit exposer l'une de ces vénérables images que le roi Alphonse le Magnanime offrit en 1437 à la cathédrale de Valence. (cf. El Renacimiento Mediterraneo, op. cit. p. 139-142 repr). Ce don favorisa une large diffusion de ce modèle au XVe siècle que l'on retrouve aussi sous forme de tableau double-face associé à la « Vera icona » du Christ.
La réalisation de cette image de dévotion qui concentre dans un espace réduit l'intimité entre le fidèle et la figure sacrée, s'inscrit dans le même contexte artistique que celui dominé au milieu du XVe siècle à Valence par le peintre Joan Reixach, originaire de Catalogne. C'est en effet à cet artiste que la critique récente l'a attribuée lors de son apparition sur le marché de l'art (cf. Bibliographie). Reixach fut particulièrement sensible au courant nordique flamand diffusé par les oeuvres de Luis Dalmau, comme en témoigne son retable de sainte Ursule seule oeuvre signée et datée 1468 de cet artiste (Barcelone, MNAC/MAC 15927) empreinte d'un manifeste caractère aulique restant encore attaché à la tradition gothique.
Cette tradition est clairement visible dans cette Véronique de la vierge où le travail ornemental du fond d'or -très large auréole aux motifs végétaux bordée d'un cercle de figures géométriques- marque la personnalité de Reixach, tout comme les éléments stylistiques encore liés au symbolisme de l'esthétique gothique. En témoignent l'aspect menu du personnage, son visage ovale aux traits précis et appuyés, le dessin effilé du long nez pointu, celui des paupières mi-closes rigoureusement tracées et le caractère méditatif et expressif du regard. Tous ces caractères se retrouvent plus particulièrement dans la Prédelle de la Passion (Valence, Museo de Bellas Artes, inv. 2101) datée vers 1450 par la critique, et permettent de situer l'exécution de notre panneau autour de la même période.
Expert : Cabinet Turquin
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