Huit documents …

Un peu d'histoire ....

À la Révolution, les biens de l’État ne sont plus à la libre disposition du roi. Les joyaux de la Couronne, qui se trouvaient à Versailles, sont ramenés au Garde-meuble de la Couronne, place Louis XV (de la Révolution et de la Concorde, ministère de la Marine), administré par Thierry de Ville-d’Avray. Le roi reçoit alors une dotation : la liste civile. Par les décrets des 26,  et , l’Assemblée nationale constituante décide de faire dresser l’inventaire des diamants et pierreries de la Couronne. L’inventaire compte 9 547 diamants, 506 perles, 230 rubis et spinelles, 71 topazes, 150 émeraudes, 35 saphirs et 19 pierres. Le prix des joyaux est estimé à 23 922 197 livres. Le « Régent » est estimé à 12 millions, le « bleu de France » à 3 millions, et le « Sancy » à 1 million.

Dans la semaine du 11 au , une bande dirigée vraisemblablement par un certain Paul Miette dérobe une partie des diamants, qui se trouvent alors à Paris, à l’hôtel du Garde-Meuble de la Couronne, où le trésor est conservé mais mal gardé. À la suite d’une enquête menée entre 1792 et 1794, les deux tiers des joyaux sont retrouvés, parmi lesquels le « Régent », le « Sancy », et la plupart des « Mazarins ». La collection, déposée à la Trésorerie nationale, est alors estimée à 17 millions de livres.

Sous la Convention, la collection s’enrichit des pierres issues de la confiscation des biens d’émigrés et des joyaux du roi de Sardaigne. Vers 1795 la collection vaut, selon les estimations, 21 millions de livres.

Sous le Directoire, le besoin de ressources se faisant éprouver ; on prend la décision de vendre les pierres à l’étranger.

En 1796, Daubenton, professeur de minéralogie, choisit des pierres pour les déposer au muséum d’histoire naturelle ; parmi ces pierres figure le « Grand Saphir ».

Entre 1797 et 1800, la nécessité de trouver des fonds pour approvisionner l’armée conduit à la mise en gage des diamants.

Vol des joyaux de la Couronne (août et septembre 1792)

Les joyaux ayant la plus grosse valeur marchande contenue dans le trésor de la monarchie française n’ont peut-être pas été volés en septembre 1792 ː

« Le dimanche (5 août) et le lundi (6 août) précédant le (vendredi) 10 août 1792 qui marque la fin de la monarchie, six malles sortent furtivement du Garde-Meuble (National). Elles appartiennent au gendre de Thierry de Ville-d’Avray, Baude de Pont-l’Abbé, et sont acheminées par Azèle, son homme de confiance chez Prévost d’Arlincourt, ex-fermier général (hôtel parisien de la rue Saint-Honoré, no 342) qui, comme la plupart de ses anciens collègues, avait fait passer des fonds en territoire ennemi. ».

Marc-Antoine Thierry de Ville-d’Avray, est tué à la prison de l’Abbaye à Paris, le 2 septembre 1792. Jean-Georges-Claude Baude de Pont-l’Abbé émigre et Louis-Adrien Prévost d’Arlincourt est guillotiné le  à Paris.

Officiellement, les joyaux de la Couronne sont volés lors du sac de l’hôtel du Garde-Meuble entre les 11 et  malgré la présence de gardes nationaux : leur guérite est à l’opposé de la cour donnant sur la Salle des bijoux, et ils ne font plus de ronde depuis la pose des scellés, après la prise des Tuileries, par le peintre et commissaire de la section des Tuileries, Jean-Bernard Restout (1732-1797). Toutefois, celui-ci réclame des renforts au ministre de l’Intérieur Roland, car il estime que le Garde-Meuble de la Couronne est insuffisamment gardé.

La publication et la diffusion de l’inventaire en 1791 par une Première République un peu naïve a certainement fini de convaincre les voleurs d’agir en des temps troublés par la destitution du Roi, les massacres de Septembre et l’invasion par l’est des Austro-Prussiens commandés par le duc Charles-Guillaume-Ferdinand de Brunswick et décidés à rétablir la monarchie en France. 9 000 pierres précieuses soit l’équivalent de sept tonnes d’or, ce qui représente un demi-milliard d’euros de bijoux, orfèvrerie et pierreries, sont dérobés pendant cinq nuits par une trentaine de brigands qui, de plus en plus nombreux à chaque « visite », organisent des orgies en faisant venir des femmes légères.

La nuit du  à 23 heures, une patrouille de gardes alertée par des bruits suspects repère des voleurs qui, fouillés, ont leurs poches remplies de pierres précieuses. Le ministre de l’Intérieur Roland chargé de l’enquête obtient rapidement la peine capitale pour les voleurs pris sur le fait et les fait passer pour des contre-révolutionnaires. Ces derniers obtiennent le sursis en échange de dénonciations. Les malfrats, avec à leur tête un repris de justice redoutable, Paul Miette, sont essentiellement de petits voleurs relâchés des prisons lors des massacres de Septembre, associés à des rouennais, bande de voleurs professionnels. Douze sont condamnés à mort, cinq sous-fifres sont guillotinés sur le lieu même de leur forfait place de la Révolution.

Après deux ans d’enquête, bien que les trois quarts des grandes gemmes royales soient récupérées (dont les diamants Sancy et Régent retrouvés précisément lors du procès de Danton qui est soupçonné d’être impliqué dans ces vols), les plus grands insignes royaux de chevalerie (les joyaux de la Toison d’Or emportés à Londres par les rouennais et Saint-Esprit) ainsi que de nombreux objets majeurs (épée de diamant de Louis XVI, la « chapelle de Richelieu », etc.) disparaissent définitivement.

Description des 8 documents concernant l'inventaire général

1/ Rapport du 10 mars 1791 à propos d’un projet de commande pour fabriques et étoffes : un feuillet double.
2/ Manufacture Royale de Plaqué et doublé d’or et argent pour tous les métaux précieux – répartition des intérêts des fonds faits par les associés et honoraires aux administrateurs en date du 1er avril 1791 : un feuillet double.
3/ Projet de commandes d’étoffes pour les fabriques de Lyon et Tours : un livret de 20 pages.
4/ Etat des diamants de la couronnes avant vol. Récit de 4 pages.
5/ Rapport de l’inventaire fait en 1791 des diamants de la couronne avec celui établit en 1774. Un livret de 12 pages.
6/ Diamants de la couronne : comparaison de l’inventaire de 1774 avec celui de 1791 : 3 feuilles et 2 feuilles doubles.
7/ Etat de comparaison des prix de fabrication de la vaisselle du Roy avec celui de vente : un feuillet double.
8/ Inventaire en estimation des tableaux qui sont au garde meuble de la couronne en date du 7 ? 1791 : livret de 12 pages.

Catalogue

Presse

Nice-Matin Fevrier2020

Portfolio

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