Lot 11 Henri MATISSE (1869-1954) Deux femmes dans la verdure avec un chien, 1938

Deux femmes dans la verdure avec un chien, 1938
Huile sur toile
Signée et datée 38 en bas à droite
Au dos étiquette de l'exposition du
Musée des Beaux Arts de 1949, Lucerne - Suisse
55 x 46 cm
«?Quand je m'ennuie, je peins un portrait
de Mme Lydia. Je la connais comme l'alphabet.?»

Matisse
Provenance
Collection Henry-Louis Mermod, Suisse
Conservé depuis par descendance, Collection Particulière, Suisse.

Exposition
Suisse, Lucerne, Musée des Beaux Arts, 1949 «Henri Matisse» n° cat. 96.
Suisse, Bale Fondation Beyerler «.Matisse.Figure.Couleur.Espace», 19 Mars - 9 juillet 2006
Suisse, Lausanne, Fondation de l'Hermitage, 26 juin - 25 octobre 2009 « Passions partagées ».

Bibliographie
Lydia Delectorskaya, «Henri Matisse, Contre vents et marées, peinture et livres illustrés de 1939 à 1943»,
édition Irus et Vincent Hansma, Paris 1996, reproduit page 234 (avec les dimensions erronées).
Lydia Delectorskaya, «Henri Matisse L'apparente facilité», peintures de 1935 à 1939, Maeght éditeur,
Paris 1985, reproduit p.247 (avec des dimensions erronées).
«Catalogue de l'exposition Henri Matisse », Lucerne - Suisse, 1949, n° cat. 96
(cité, « deux femmes à la verdure », non reproduit).
Catalogue de l'exposition «.Matisse.Figure.Couleur.Espace», 19 Mars - 9 juillet 2006 (Bale Fondation Beyerler)
Reproduit au catalogue en pleine page couleurs. page 152.no 107.

Un certificat de Wanda de Guébriant, en date du 30 novembre 2007 sera remis à l'acquéreur.

Note
Mécène, collectionneur, dandy, Henry-Louis Mermod (1891-1962) fit de sa maison de l'avenue de l'Elysée,
à Lausanne, un lieu de rencontre entre écrivains et peintres suisses et français, mais aussi de fêtes (remise du grand prix Schiller à Charles-Fernand Ramuz en 1936).
«?Son ami, le peintre Pablo Picasso qui avait l'oeil et la manie des sobriquets l'avait surnommé «?pinsonet?»,
petit pinson, rapport aussi à ce qu'il était attaché à un petit pays (…).?»(1)
(1) Amaury Nauroy, Fantaisie, dans Trajectoires N°4, Paris, 2008, p. 7-8, ISBN 2-9526496-1-
1935-1936 : Mais ce n'est qu'au printemps 1935 que Matisse commence à la faire poser de manière continue.
Le 15 mars, il réalise un pastel (Le Corsage bleu), le 18 mars une peinture (Le Châle écossais) et le 1er avril, ayant juste terminé la peinture Les Yeux bleus et la série de dessins s'y rapportant,
Matisse remarque l'expressivité des bras et des mains de Lydia et le parti qu'il peut en tirer.

Il entreprend un nouveau tableau (Le Rêve), qui marquera le début d'une longue collaboration entre le peintre et le modèle, mais aussi un renouvellement complet des méthodes de l'artiste (...).
Lydia est le seul modèle de l'année et s'y prête de bonne grâce.
Les Matisse passent le mois de juillet à Beauvezer avec Lydia et leur petit-fils Claude âgé de quatre ans. Au retour à Nice, Lydia, se trouvant sans logement du fait qu'elle a rompu avec son fiancé, est invitée par Madame Matisse à venir s'installer chez eux, place Charles Félix. Madame Matisse, très satisfaite des services de Lydia, décide en outre de reprendre avec elle les travaux de secrétariat qu'assurait jusque-là Marguerite Duthuit, la fille de l'artiste. Lydia se retrouve donc tout à la fois dame de compagnie, modèle et secrétaire, car le mal de dos de Madame Matisse ne lui permet aucun travail réel
de secrétariat.

Afin de la décharger d'une partie des séances de pose, Hélène Galitzine, une autre jeune femme russe, est engagée dès janvier 1936 pour la relayer. Mauvais calcul : Galitzine n'envisage pas de poser nue. De ce fait, pratiquement toutes les peintures de cette année – sauf une- sont en fin de compte posées par Lydia…
C'est ainsi qu'à la fin de l'année 1936, en plus de son travail officiel auprès de Madame Matisse, Lydia aura posé pour plus de quarante peintures,dont vingt-cinq nus, soit plus de la moitié des soixante-neuf tableaux dans lesquels Matisse l'a représenté. 1937-1938 : Début 1937, soit que Matisse se soit rendu compte du surmenage imposé à Lydia, soit que Madame Matisse se soit plainte de l'accaparation de sa dame de compagnie par son mari, les séances de pose s'espacent, peintures et dessins se répartissent plus équitablement entre Lydia et Galitzine. A la fin de l'année
Matisse commence à les faire poser ensemble (…).

Janvier 1938: Matisse achète un appartement et un atelier dans l'ancien hôtel du Régina, dont il ne pourra disposer qu'à l'automne. (…)

Dès son retour à Nice le 25 août, afin d'honorer une commande des Rockefeller pour la décoration d'un dessus de cheminée, Matisse se met au travail dans le nouvel atelier. Mais l'appartement n'est pas encore prêt (…). Lydia l'aide au déménagement, tout en posant pour la décoration (…). Lydia, loin de s'apercevoir que son intervention dans l'aménagement de l'appartement a eu pour effet d'exaspérer Madame Matisse, qui se sent mise à l'écart, redouble d'attention
à son égard. Cette dernière la trouve top envahissante et déclare ne plus avoir besoin d'une dame de compagnie. Lydia est mise
en disponibilité.

Mais Matisse, de son côté, se rend bientôt compte que Lydia lui
est devenu parfaitement indispensable, non seulement pour le
secrétariat mais aussi et surtout à l'atelier. C'est elle qui met en place les divers objets de l'atelier, qui dispose les tubes de peinture et
le matériel à dessin, qui nettoie les pinceaux, qui efface les toiles,
qui fait les courses de matériel artistique ou de fleurs pour les
natures mortes, etc.

Extrait de la biographie de « Lydia Delectorskaya » par Wanda de Guébriant.« De 1934 à 1939, j'ai beaucoup posé pour Henri Matisse ou bien je l'aidais à l'atelier, comme il en fut par la suite pendant des années.

En bref, qui je suis.

Fille unique de médecin, je suis née à Tomsk, ville le nom, pour les Français, évoque Michel Strogoff. A la suite d'épidémies (de typhus puis choléra ) qui sévissaient en Sibérie au début des années 20, je suis restée en 1922 orpheline de père et de mère. Un an plus tard, ma tante qui m'avait recueillie et qui partait avec
ses enfants en Mandchourie m'y emmena aussi. »

Lydia Delectorskaya
«?L'apparente facilité?», peintures de 1935 à 1939, Maeght éditeur, Paris 1985.«En préparant le livre de Lydia Delectorskaya sur Henri Matisse
«L'Apparente facilité», j'ai découvert le travail de recherche réalisé par l'artiste sur chacun de ses tableaux.

Le tableau «Personnage à la verdure» qui représente Lydia et Hélène Galitzine semble peint d'un seul jet. Plein de finesse, de lumière, de spontanéité et de fraîcheur, dans une ambiance emprunte de sérénité et de bonheur, qui a donné son titre à l'ouvrage : l'apparente facilité. »

Irus Hansma, 2015

ESTIMATION : 3 000 000 / 4 000 000 €
Vendu pour : 4 200 000 €
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